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Mohamed Merah : une exécution programmée ?

 
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lucas.said
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Inscrit le: 22 Oct 2007
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MessagePosté le: Jeu Mai 17, 2012 6:40 pm    Sujet du message: Mohamed Merah : une exécution programmée ? Répondre en citant

Ma spécialité à l'Université était la logique mathématique ; cela m'a servi notamment à relever les invraisemblances dans des projets de scénarios de film.

Or, ce qui s'est passé à Toulouse avec la mort de M. Merah m'a mis très mal à l'aise, vu précisément les invraisemblances et les contradictions entre faits et déclarations.

En tant que musicien, j'ai aussi l'oreille plus exercée que d'autres et je perçois des sons même à un niveau très bas. Le vendredi soir 23 mars, sur le journal de France 2, j'ai relevé un détail sonore qui est passé inaperçu car très discret, mais qui est d'une extrême gravité. On voit les membres du Raid se préparer, dans le calme, au coin d'une rue, munis d'échelles. Puis, le groupe se met lentement en marche, contournant la maison d'angle. Au moment où les derniers vont disparaître derrière le coin, on entend très faiblement mais distinctement une voix qui donne non pas un ordre mais une consigne : “feu à volonté”. Cela confirme une information du journal Le Monde qui faisait état d'une consigne “pas de one-shot”. Cela met à mal les déclarations officielles : “consigne est répétée aux hommes du RAID de tout faire pour arrêter Mohamed M. Merah vivant et de ne tirer qu'en cas de légitime défense, selon François Molins”. Ben voyons…

C'est là un élément très grave, qui prouve qu'en fait, on n'a jamais eu la volonté de prendre M. Merah vivant.

Révélateur… Après avoir écrit le texte ci-dessous, je l'ai envoyé au Garde des Sceaux et à quelques journalistes ; je l'ai aussi mis sur Internet. Le résultat a été radical : au JT de France 2 le 24 mars au soir, on rediffusait la scène dont question ci-dessus, et je croyais que les journalistes allaient évoquer cette phrase terrible et demander des explications aux Autorités. En fait, à l'endroit où on entendait cette phrase, il n'y avait plus qu'un ensemble de crissements électroniques pour masquer opportunément cette phrase bien dérangeante…

Plus tard dans les reportages du 23 mars, on entend des rafales interminables d'armes automatiques (du Raid, puisque M. Merah n'était muni que de colts 45) ; or, on n'a entendu personne effectuer la moindre sommation avec un porte-voix, ni lancer un ultimatum pour que M. Merah se rende dans un dernier délai accordé. Les longues rafales d'armes automatiques mettent à mal la thèse absurde comme quoi c'est M. Merah qui a “engagé le Raid”.

Dès le début de toute l'opération, le but était bel et bien de liquider Mohamed Merah, ne serait-ce déjà que vu cette absence totale de mise en demeure, dès la première entrée du Raid dans l'immeuble à 3 h du matin (heure illégale). Puis, on lui a coupé l'électricité, et donc le téléphone, ce qui met à mal l'intention de “négocier” ; pire : pour que M. Merah puisse obtenir un talkie-walkie, on a exigé qu'il remette une de ses armes, ce qui est du jamais vu lorsqu'on a vraiment l'intention de négocier.

Comme vous allez le voir, l'explication d'exécuter Mohamed est simple…

En effet, si M. Merah avait été pris vivant et donc jugé, ou bien il y avait l'énorme inconvénient qu'il se serve du long procès en assises pour répandre des thèses extrémistes et tenter de justifier l'injustifiable, ou bien il y avait le risque inverse, que Mohamed Merah, pendant sa détention préventive, ne prenne conscience de l'abomination de ses actes dus à son auto-endoctrinement, qu'il ne se mette à les regretter sincèrement et finalement obtienne une condamnation moins lourde qu'espérée par l'opinion publique. Enfin, il aurait pu y avoir des révélations gênantes, semble-t-il.

Dans cette optique, les propos répétés de Mohamed de se rendre, tombaient plutôt mal. Lors des soi-disant négociations, en fait, cela semble n'avoir été qu'un prétexte pour tirer de M. Merah le plus d'informations possibles, manipulation dont M. Merah a fini par se rendre compte ; il s'est alors senti trahi et piégé, ce qui l'a braqué définitivement et mis dans une colère noire, à la grande satisfaction de ceux qui voulaient le liquider et auraient ainsi un prétexte tout trouvé. Dès le début des “négociations”, ces « professionnels » s'y sont très mal pris. Ils ont présenté comme argument suprême que si Mohamed sortait, ce serait pour lui l'occasion de raconter à tous les détails de ses actes, comme si en sortant de la maison il allait se retrouver devant une table couverte de micros, où il aurait pu donner une conférence de presse !

Mohamed Merah n'a pas été dupe, il a répondu que de toutes façons tout le monde était déjà au courant des détails, qu'il sorte ou pas. Cette véritable insulte à son intelligence a dû lui enlever toute confiance dans les négociateurs, voire déjà le mettre de mauvaise humeur et sur la défensive puisqu'on essayait de le berner.

Sachant à présent que le but réel était le tuer, M. Merah s'est retranché dans la salle de bain, attendant l'assaut final, mais prêt à défendre chèrement la vie qu'on avait décidé de lui prendre de toutes façons, par des militaires pas vraiment mécontents de venger la mort de trois autres militaires.

Depuis que la peine de mort a été abolie, certains se croient autorisés à la rétablir de fait, au cas part cas, sous couvert de la loi. Rappelons Mesrine fusillé dans sa voiture alors qu'il ne mettait personne en danger à ce moment précis ; rappelons “Human Bomb” abattu dans son lit… pendant qu'il dormait, sur l'ordre de Pasqua ! A présent, il semble bien qu'au plus haut niveau (?) on avait décidé de se débarrasser d'un M. Merah bien encombrant.

Je ne suis pas le seul de cet avis, il suffit de noter la totale incompréhension de la part du grand professionnel qu'est Mr Prouteau qui critique la volonté de coincer Mohamed Merah chez lui. "On aurait pu lui tendre une souricière", explique-t-il. "Attendre qu'il sorte et le coincer". "Cela peut paraître présomptueux", ajoute-t-il, "mais, en soixante-quatre opérations menées par le GIGN sous mon commandement, il n'y a pas eu un mort." Enfin, il ajoute : "Il fallait le bourrer de gaz lacrymogène. Il n'aurait pas tenu cinq minutes. Au lieu de ça, ils ont balancé des grenades à tour de bras. Résultat : ça a mis le forcené dans un état psychologique qui l'a incité à continuer sa "guerre".

Mais c'était justement là le but recherché : empêcher toute possibilité d'issue pacifique…

L'utilisation du RAID était très irrégulière : Mohamed ne retenait pas d'otage, il ne tirait pas sur les passants, il n'était pas échappé de prison, il n'avait pas été jugé ni même mis en examen et était théoriquement “présumé innocent” ! Que dans un tel contexte juridique “on” décide de lui infliger une peine de mort censée être abolie, et cela sans autre forme de procès, il y a de s'inquiéter, non ? Quand le père de Mohamed s'est posé lui aussi la question, Mr Juppé lui a rétorqué que lorsqu'on est le père d'un monstre, on la ferme, c'est à dire que lorsque Mr Juppé décrète qu'un tel ou un tel est un monstre, cela lui donne le droit de le faire exécuter sans procès et sans admettre la moindre protestation ? Quand Mr Juppé évoque les condamnations du père (sans rapport avec l'affaire) il oublie ses propres démêlés judiciaires…

Faisons un peu un décompte macabre. M. Merah a tué 7 personnes, c'est horrible et révoltant. Et Mr Juppé ? Je vous rappelle l'enquête en cours sur les victimes civiles des frappes de l'Otan, en Lybie, sous l'égide de Mr Juppé. Sous prétexte de tuer Kadhafi (condamné lui aussi sans procès), on a bombardé Tripoli sans le moindre ménagement, tuant un grand nombre de civils, y compris des enfants dont le malheureux innocent petit-fils de Kadhafi. A Syrte, ce fut pire : le CNT tirait à l'aveuglette sur une ville qui ne leur était pas favorable, avec l'appui des avions de Mr Juppé qui s'en sont pris à l'hôpital et à un immeuble de 800 logements (présumés pleins de soldats de Kadhafi). Combien de civils, combien d'enfants ont été ainsi massacrés ? Des centaines. La loi interdit de tirer sur un malfaiteur qui s'enfuit, mais c'est ce qu'on a fait sans état d'âme en Lybie sur des convois en fuite avec femmes et enfants. On était bien loin de la résolution de l'ONU, et les victimes de Mr Juppé sont au moins cent fois plus nombreuses que celles de M. Merah. Qui est alors, mathématiquement, le plus « monstre » des deux ?

Voyons aussi l'accumulation d'incohérences, voire de mensonges, sur le déroulé des opérations :

~ Mr Guéant a prétendu que M. Merah était tombé du balcon et “était mort sur le sol”, comme s'il avait fait une chute mortelle d'un étage élevé… Dans une version ultérieure, il a cette fois fait état d'une (seule) balle, en pleine tête.

~ Le Raid a dit que c'est l'introduction d'une mini-caméra dans la salle de bains qui a provoqué la réaction de M. Merah.

Puis, après qu'on leur ait fait le reproche de ne pas avoir utilisé des gaz lacrymogènes, la version a totalement changé : "Au moment où nous arrivons à hauteur de la salle de bain, il n'y a toujours aucune réaction de sa part, on commence à effectuer une brèche pour passer de la grenade lacrymogène". Ne voilà-t-il pas une volte-face bien curieuse, pour les besoins de la cause ? Surtout que c'est suivi par une invraisemblance totale : "il se met à tirer à travers la paroi, nous engage et malgré cela, je donne l'ordre qu'on lui envoie des grenades offensives de manière à pouvoir essayer de le choquer, l'appréhender vivant" ; comme on “commençait” à ouvrir une brèche, par où a-t-on alors passé les grenades offensives ? Et pourquoi employer des grenades offensives destinées à tuer, plutôt que les grenades lacrymogènes qu'on prétendait se préparer à employer ?? Pour rappel, le Raid a d'ailleurs déclaré n'avoir jamais voulu employer les gaz sous prétexte de “danger” (sic !) pour le forcené, alors que les grenades offensives sont mortelles, sans parler des interminables rafales d'armes automatiques qui ont criblé M. Merah de plus de 20 projectiles… N'est-ce pas se moquer du monde ?

~ A propos des “négociations”, le directeur du Raid déclare : "pendant toute la phase des négociations, il n'a jamais eu l'intention de se rendre. Il l'a mise à profit pour se reposer et être prêt à mieux nous affronter". Peut-on nous expliquer comment des négociations forcément stressantes peuvent reposer qui que ce soit ? Au contraire, cela a plutôt servi à épuiser M. Merah.

"Je lui ai donné sa chance jusqu'au bout, j'ai maintenu un négociateur devant sa porte qui a essayé de lui parler toute la nuit. En même temps que j'avais donné l'ordre qu'on le grenade à jet continu pour l'empêcher de dormir". Comment peut-on faire croire au plus demeuré d'entre nous qu'on peut négocier quoi que ce soit pendant qu'on grenade “à jet continu” ?

~ A propos de la sortie de M. Merah. Lorsqu'on coince un renard dans sa tanière, il y reste coi ; mais si on y introduit un bâton, comment s'étonner que le renard jaillisse de son trou où il n'est plus en sûreté et saute à la face de ceux qui le forcent ?

Première version du Raid : “Mohamed Merah est brutalement sorti de la salle de bain où il se retranchait, et monté vers les policiers en tirant avec un Colt 45. Il se dirige vers la fenêtre et est touché d'une balle dans la tête alors qu'il se jette par la fenêtre”. Evidemment cela ne correspond pas du tout aux longues rafales d'armes automatiques du Raid, enregistrées par télés et radios ! Cela n'explique pas non plus le corps de M. Merah criblé de balles… surtout que “mes hommes étaient tous munis "de masques à gaz et, en plus de leur armement individuel, de fusils à pompe gomme-cogne et de lanceurs de balles de défense”. D'ou sortent les 300 douilles de balles réelles, alors ?? Et les trous dans la façade et les murs de la chambre ? Pour qui nous prend-on ?

Deuxième version du Raid : "il va jaillir de la salle de bain, c'est à dire que là il choisit son mode d'action, il va monter à l'assaut du RAID, je n'avais jamais vu ça!" On pouvait pourtant s'y attendre, non ? Pensait-on que M. Merah allait se laisser fusiller dans la salle de bains sans tenter de s'y opposer, comme le renard de l'exemple ci-dessus ?

"Il tire sur tous les hommes, à droite, à gauche, devant, derrière, il progresse comme un fou, jusqu'au balcon de la fenêtre du milieu, où il va blesser un de mes hommes au cou. Celui-ci bascule en arrière et retombe sur la pelouse".

"C'est alors que les hommes qui étaient en protection sur les fenêtres reprennent une position derrière le balcon. Il essaie de les poursuivre pour les abattre en passant une main au-dessus du balcon. Et les snipers le neutralisent"
. Pendant que les hommes dans l'appartement jouaient aux cartes ou faisaient du tricot ? Et d'où sortent les vingt balles dans le corps de M. Merah, alors, et comment pouvait-il encore “poursuivre” qui que ce soit dans un tel état ?? Ne serait-il pas plus plausible que M. Merah ait été propulsé à bas du balcon par l'impact des rafales de pistolets-mitrailleurs reçus de face de la part des militaires dans la pièce ?

Au moment où il tombe, il est déjà probablement mort. Je me trouve au pied du balcon pendant l'assaut et je le vois tomber quasiment devant moi", poursuit M. de Hauteclocque. Si la thèse voulant que M. Merah “essaie de les poursuivre en passant une main au-dessus du balcon” n'a pas été inventée de toutes pièces, comment expliquer qu'il n'ait pas tiré sur Mr de Hautecloque, juste “au pied du balcon” ??

Si c'est un sniper isolé qui a neutralisé M. Merah, comment expliquer les dizaines d'impacts de balles sur la façade de l'immeuble ??

Je pourrais continuer ainsi encore abondamment…

Ne serait-il pas dans l'intérêt de la justice d'enquêter sur ce qui est probablement un homicide avec préméditation (voyez le reportage de France 2 avec la phrase autorisant à « faire feu à volonté » avant même le début de l'opération).

En tant que Président d'une Association en mémoire de deux jeunes victimes du GIA algérien, je n'ai aucune sympathie envers des actes terroristes. Les actes commis par M. Merah sont, comme le dit Mr Sarkozy, monstrueux ; mais, ce n'est pas pour autant que ce jeune était un monstre lui-même. Une fois libéré du carcan du djihadisme, n'aurait-il pas pu, même durant un long temps de prison, avoir finalement une influence positive sur les autres jeunes tentés par ce genre de dérive criminelle ? A présent, on ne le saura jamais, et on a empêché ce jeune de se racheter, … ce qui était d'ailleurs le grand reproche fait à la peine de mort.

Mohamed n'était pas Carlos, terroriste irrécupérable. Jadis, il avait été et était souvent encore un garçon gentil, prêt à rendre service (comme quand il a aidé pour un déménagement). Une fois qu'il aurait réussi, en prison, à de débarrasser de son vernis terroriste, il était probable qu'il aurait pu redevenir le jeune que son entourage appréciait, et il aurait pu se rendre utile à la société, même carcérale.

Le cas de Mohamed Merah me fait penser inévitablement au jeune Saïd, envoyé par le GIA pour exécuter Lucas en 1998. Saïd était, comme Mohamed, placé au plus inconfortable endroit dans sa famille : il était au milieu, avec des sœurs plus grandes et des frères plus petits, et il avait le sentiment que ses parents n'en avaient que pour les plus grandes ou les plus petits. Comme il l'a dit à Lucas, il ne s'était engagé au GIA que pour qu'on s'occupe enfin de lui, pour être moins “invisible”. Apparemment, c'était aussi le cas de Mohamed.

Autre point commun : Saïd avait été endoctriné et persuadé qu'il fallait éliminer tous ceux déclarés (un peu vite) ennemis de l'Islam, de même pour Mohamed, ce qui avait effacé toute leur gentillesse passée à tous deux.

Grâce à Lucas, Saïd a finalement pu rejeter ce lavage de cerveau, et même trouver l'affection véritable, dont il avait un énorme besoin. Mohamed n'a pas eu cette chance, hélas…

Le jeudi 22 mars (2012), en lisant la Presse sur Internet au matin, je me suis rendu compte de cette similitude. En allant à la Poste (25 km), je me suis demandé si je ne devrais pas proposer de servir de médiateur, vu le manque de résultats de la part des « professionnels ». Bien sûr, il y avait la distance entre l'Ardèche et Toulouse, il me fallait trouver comment contacter les personnes sur le terrain, et les convaincre d'attendre que je fasse les quatre heures de voyage avec ma vieille voiture.

Hélas, en revenant de la Poste, j'ai appris le dénouement tragique et la mort de Mohamed. J'étais consterné, et aussi très surpris de cette action avec des moyens militaires énormes contre un jeune isolé ; depuis lors, j'ai compris les dessous de l'affaire, et qu'on avait décidé de ne lui laisser aucune chance… On peut se poser la question de savoir si on aurait-on agit de même s'il s'était agi d'un ancien militaire “blanc-bleu” au lieu d'un jeune beur ?

Saïd et Mohamed se sont réfugiés dans le terrorisme faute d'un encadrement adéquat, que la société ne leur a pas fourni. Saïd, à 14 ans, l'a cherché auprès du GIA. Pour Mohamed, il l'a fait auparavant dans d'autres structures, militaires, où l'on n'a pas voulu de lui. Faute de mieux, il s'est alors orienté vers une structure qu'il pouvait se constituer à lui tout seul : le fondamentaliste islamique individuel, dont il serait donc le seul membre et d'où personne ne pourrait l'exclure. Prisonnier volontaire de cette structure, il s'est donné des ordres épouvantables mais logiques, qu'il s'est contraint à exécuter. On connaît la suite.

Mohamed était aussi pourvu d'une vitalité exceptionnelle. A cause de cela, il avait physiquement besoin de sa dose d'adrénaline, un peu comme une drogue. Il y parvenait avec la conduite de voitures rapides, mais aussi, hélas, en commettant des larcins, puis des délits, puis des actes plus graves, comme un drogué qui a besoin d'augmenter sa dose. On se demande jusqu'où il serait allé dans cette escalade effrayante…

Cette vitalité, ce besoin d'adrénaline, la société aurait pu en bénéficier ; Mohamed aurait ainsi été très performant pour intervenir lors de catastrophes naturelles, ou comme pompier, comme ambulancier, voire comme animateur de club de foot pour jeunes ou pilote de rallye automobile. Si la société avait détecté plus tôt ces possibilités, on aurait évité huit morts et des drames familiaux terribles, comme cette dame qui a perdu à la fois son mari et ses deux enfants… Quel gâchis !

Notre société a des milliers de “Mohamed” en son sein, sans le savoir ou sans vouloir le savoir, car quand on est informé on a alors l'obligation d'agir.

C'est là que se situe quelque chose de consternant. Notre grand film “Teenagers”, long de 2 h 30, aborde les principaux problèmes de jeunes, mais en proposant une solution, donc précisément des règles de vie et un encadrement positif dont les jeunes ont besoin et qu'ils ne trouvent pas dans un enseignement d'Etat d'où morale et religions sont exclues au nom d'une laïcité confondue avec athéisme obligatoire, et on n'y apprend plus dès l'enfance à distinguer le bien et le mal, avec le résultat qu'on sait.

Dans notre film, il est démontré que la violence finit tôt ou tard par se retourner contre son auteur, voire par le détruire. Quant au terrorisme, le récit du drame épouvantable vécu par Lucas et Saïd a de quoi dégoûter profondément le plus fanatique des extrémistes, de même ce qui est montré par le jeune Alexis dans la 3e partie du film.

Le film est également très efficace pour dissuader ceux qui veulent se suicider ; après son passage au festival médical (!) de Liège (Belgique), la méthode utilisée par le jeune Alexis pour dissuader son copain Brieuc de se suicider est depuis lors en usage dans des centres anti-suicide et sauve des vies jours après jours.

Comme ces messages sont délivrés par des jeunes pour des jeunes, ce film est bien plus efficace que d'autres avec des acteurs adultes donneurs de leçons.

Ce film est aussi devenu le film indépendant français le plus sélectionné et primé dans les festivals internationaux, des USA jusqu'en Indonésie ! Malgré cela, aucun distributeur n'en veut, à cause de ses messages positifs ; ils préfèrent des films bien sanglants, ou bien neutres comme “The Artist” qui ne sauvera jamais la vie de personne et ne détournera jamais un seul jeune du terrorisme ou de la délinquance…

Bien entendu, aucune télévision n'en veut non plus, même pas les soi-disant télévisions pour les jeunes comme M6.

Même la presse, pourtant régulièrement informée, refuse de publier la moindre ligne sur ce film exceptionnel et sa possibilité reconnue de pouvoir améliorer notre société.

Que voulez-vous, les drames sont du pain béni pour télévision et presse, et un film qui va dissuader des jeunes de très mal se conduire leur coupe l'herbe sous le pied et leur enlève le dit pain béni de la bouche.

Et puis, il y a aussi les amours-propres mal placés. Les communes qui ont des quartiers “difficiles” refusent une projection du film + débat, parce que l'idée ne vient pas d'eux. De même, les directeurs de prison où j'ai proposé de faire également une projection + débat, l'ont assez mal pris. Le 23 mars 2012, après ce qu'il faut bien appeler l'exécution de Mohamed, j'ai re-proposé ce genre de projection dans les prisons, au Ministre de la Justice ; cela m'étonnerait d'avoir un jour une réponse, vu que ma lettre finira probablement au fond de la première poubelle juste à droite de la porte d'entrée du Ministère…

J'ai envoyé tout un dossier au cinéma de Jean-Pierre Mocky, pour voir si je pourrais faire une projection d'essai chez lui ; je n'ai jamais reçu de réponse…

J'ai contacté tous les cinémas Utopia, connus pour projeter les films sortant de l'ordinaire. Là non plus, aucune réponse, juste le silence méprisant habituel.

Même silence méprisant de la part du Ministre de la Culture et du Président Sarkozy qui auraient pu “convaincre” certains médias publics de diffuser ce film + débat. Trouvent-ils peut-être tellement valorisant pour leur carrière de présider les enterrements de victimes ??

Avec à présent près de 100.000 € de dettes, je vois mal notre Association ouvrir son propre cinéma ou sa chaîne de télévision…

Mon seul espoir est que ceux qui liront ces lignes auront des décideurs dans leurs relations ou iront trouver en groupe un maire, un proviseur, un responsable d'Association, de paroisse, ou de cinéma, pour obtenir une projection…

Plus d'infos sur le site http://www.lucas-said.net/.

Paul Verhoeven
Association “Les Ami(e)s de Lucas et Saïd”
domaine de Montagnac,
F-30760 St Christol de Rodières (France)
tél +33.(0)4.66.82.32.57
lucas.said@free.fr
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