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Eglise et pédophilie

 
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lucas.said
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Messages: 60

MessagePosté le: Lun Mai 31, 2010 9:33 am    Sujet du message: Eglise et pédophilie Répondre en citant

Eglise et pédophilie…

Avant d'évoquer cette question, j'ai laissé passer le temps nécessaire pour un recul indispensable, et traiter cela avec objectivité et logique.

Trois choses sont curieuses. Pourquoi certains ont-ils attendu 50 ans pour subitement se plaindre, avec un ensemble surprenant ? Pourquoi l'Eglise est-elle estimée responsable des délits ou crimes commis à titre individuel ? Pourquoi, de la part de l'Eglise, la propension actuelle à s'auto-flageller avec conviction ?

Essayons d'y mettre un peu de logique.

Un patron d'usine peut-il être tenu pour responsable si un de ses ouvriers bat sa femme ? Son entreprise doit-elle payer des dommages et intérêts à la dite femme ? Non, répondra toute personne un peu sensée. Lorsqu'un prêtre se fait flasher sur l'autoroute, le Pape est-il juridiquement responsable, et l'Eglise doit-elle payer l'amende ? L'Eglise est-elle responsable des actes de Dutroux, qui était probablement baptisé ? Lorsque le curé d'Uruffe a assassiné sa maîtresse, personne n'a rendu son évêque responsable d'un acte posé à titre individuel et non pas au nom de l'Eglise. Curieusement, lorsque des personnes tuent des milliers d'innocents au nom de leur religion, personne n'en fait le reproche aux responsables de cette religion : pourquoi ?

Par contre, lorsque quelqu'un se souvient d'avoir reçu une gifle pour s'être mal conduit dans les années 1950, l'affaire fait le tour de la planète… A d'autres temps, d'autres pratiques : dans les années 50, les punitions corporelles étaient dans les moeurs du temps, y compris dans les écoles publiques ! Un dicton ne disait-il pas : « une taloche par semaine rend le fiston doux et amène » ? Même dans les collèges huppés anglais, il y avait des coups de trique (dont, bizarrement, personne ne se plaint 60 ans après...). J'ai entendu une femme récriminer de ce qu'au pensionnat de jadis, sa chambre (particulière !) n'avait pas de toilettes mais seulement un seau de nuit, et elle y allait de ses plaintes pour “maltraitance à enfants”, oubliant qu'elle était en fait une privilégiée pour l'époque, et ne devait pas partager un dortoir avec 99 autres ; je lui conseille de ne pas aller dans bon nombre d'hôtels premier prix où les toilettes sont aussi sur le palier… Je suppose qu'on va bientôt voir les scouts se plaindre de maltraitance parce qu'ils n'avaient que de l'eau froide pour se laver dans leurs camps ? Quand j'étais enfant, il n'y avait jamais de chauffage dans les chambres, et les matins d'hiver, je retrouvais transformé en bloc de glace le verre d'eau sur la table de nuit ; cela ne me posait aucun problème (et me rendait plus résistant), mais aujourd'hui les parents seraient accusés de maltraitrance !

Jusqu'à quelle époque aussi va-t-on remonter pour critiquer l'Eglise ? Va-t-on un jour reprocher au pape actuel de ce qu'on a laissé Clovis casser le vase de Soissons ? Voilà où nous en sommes.

Je trouve aussi curieuses certaines mathématiques. On reproche à l'Eglise des « centaines » d'abus sexuels… sur 60 ans ; quand on fait la division, cela fait 4 ou 5 cas par an dans le monde ; entre-temps, dans la société civile, il y a plusieurs centaines de milliers de cas dans le monde en une seule année ! Dont la plupart dans le milieu familial. Quand on veut frapper un chien (ou l'Eglise), on trouve toujours un bâton… Voyez dans le milieu de l'enseignement : lorsqu'un enseignant a “les mains baladeuses”, en rend-on responsable le Ministre de l'Enseignement et exige-t-on de lui (et du contribuable) des dommages et intérêts ? Non, on s'en prend au seul fautif.

Le problème réside aussi dans “l'auto-flagellation” de l'Eglise, ce qui la rend encore plus coupable aux yeux de l'opinion. Je vois encore le Primat de Belgique, au bord des larmes, dans une conférence de Presse à cause de l'affaire de l'évêque de Bruges. Imagine-t-on le PDG de Renault, la larme à l'œil devant la Presse parce qu'un de ses ouvriers battait sa femme il y a 50 ans ? C'est totalement illogique, surtout si on espère (ou exige) que Renault dédommage la victime à la place de l'auteur des coups ! Si on gratte un petit peu, on ne peut que rester déconcerté devant ce qui ressemble souvent à une histoire de gros sous. On a attendu que ceux dont on se plaint soient bien morts pour les mettre en cause, ce qui est pratique puisqu'on ne peut plus rien vérifier, et on réclame des dommages et intérêts à l'Eglise, qui est supposée être richissime (un cliché qui a la vie dure !). Par exemple, le neveu de l'évêque de Bruges, qui a accepté des relations sexuelles même longtemps après qu'il était adulte (ce n'était donc pas si “abusif”), a attendu la prescription pour que son oncle ne soit pas trop inquiété, et il réclame un dédommagement, non pas à son oncle (qui est sans le sou), mais à l'Eglise de Belgique, qui n'y est pour rien, et qui, très logiquement, a fait savoir qu'elle n'avait pas à payer à la place de l'auteur. Le Vatican aurait intérêt à faire généraliser cette attitude logique, y compris pour l'Allemagne où on se pose la question de payer ou pas, et pour les USA où on a pris la solution de facilité de payer (eux, ils ont les moyens). Il faut se rappeler que c'est l'argent des paroissiens qu'on prend. C'est aussi la porte ouverte à toutes les dérives : n'importe qui peut alors inventer n'importe quoi (contre un prêtre de préférence décédé) et réclamer un million de dollars, non pas à ses héritiers peu solvables, mais à la “riche” Eglise…

On objectera que l'Eglise a une « responsabilité morale ». Non, désolé ! Il ne faut pas confondre par exemple avec la repentence de l'Etat français pour les actes du gouvernement de Vichy, actes faits au nom de la France, tandis que le prêtre qui dérape sur le plan sexuel ne le fait pas au nom de l'Eglise, qui n'a donc pas à s'en excuser, pas plus que le PDG de Renault pour l'acte d'un ouvrier dans sa vie privée. Il faut savoir laisser notre anticléricalisme au vestiaire…

Mais je vois ce que vous attendez avec impatience : la question du silence de l'Eglise, la « non-dénonciation de malfaiteurs ». En France, il s'agit des articles 434-1 et 434-3 du Code Pénal, qui ne s'appliquent qu'à des crimes (pas des simples délits) et à la maltraitance aux personnes vulnérables, dont les moins de 15 ans. Une première erreur, fréquente, consiste à croire que c'est le malfaiteur qu'on doit dénoncer, alors que c'est uniquement le crime lui-même : “ce n'est pas l'identité ou le refuge du criminel qui doit être porté à la connaissance des autorités mais seulement le crime lui-même, afin de permettre à ces autorités de prendre les mesures propres à arrêter ses effets ou qu'il soit suivi d'autres crimes” (jurisprudence 2). On ne doit donc pas dénoncer une personne, mais un acte qui s'est produit, et c'est aux enquêteurs à chercher ensuite le coupable, pas à nous.

Cette obligation de dénonciation ne s'impose pas aux personnes astreintes au secret, selon l'article 226-13, notamment les « ministres des cultes reconnus ». Pour les prêtres catholiques, c'est encore plus strict : “Il n'y a pas lieu de distinguer s'ils ont eu connaissance des faits par la voie de la confession ou en dehors de ce sacrement : cette circonstance, en effet, ne saurait changer la nature du secret dont ils sont dépositaires, si les faits leur ont été confiés dans l'exercice exclusif de leur ministère sacerdotal et à raison de ce ministère” (jurisprudence 26). Par conséquent, si l'auteur des faits se confie à son évêque, celui-ci ne peut pas le dénoncer, sous peine de 6 mois de prison (art. 378) ! Les avocats de certains évêques feraient bien de s'en rappeler.

C'est différent lorsque l'évêque est informé des faits par une tierce personne. Là, il a l'obligation de dénoncer, mais attention : il doit dénoncer des faits établis et avérés, pas des soupçons, des rumeurs, des impressions… Si quelqu'un voit sa voisine couverte de bleus, et qu'elle prétende qu'elle s'est cognée à une porte, il faut qu'il se rappelle que dans un cas similaire la femme battue s'est finalement alliée à son mari contre le voisin, pour dénonciation calomnieuse, et pour obtenir des indemnités ! Tant que l'évêque n'a pas la preuve et la certitude des faits, il ne peut rien faire, et surtout pas ouvrir une enquête : c'est le rôle exclusif des autorités civiles auxquelles il doit renvoyer la victime supposée. En Belgique, les autorités civiles vivent d'ailleurs assez mal la tentative de commission diocésaine d'enquête, qui constitue une erreur de droit en empiétant sur leurs prérogatives légales.

Certains voudraient, au contraire, que l'Eglise aille plus loin : qu'elle fasse carrément le ménage elle-même. C'est à dire qu'on voudrait que l'Eglise organise une justice parallèle, avec enquête, jugement, condamnation (et emprisonnement dans les caves du Vatican ?). Là, on est en plein délire. C'est comme si Renault ouvrait ses propres tribunaux pour juger un de ses ouvriers qui bat sa femme. Rappelons-nous qu'un des buts de la Révolution française était précisément de mettre fin à la justice des seigneurs et des évêques, et la remplacer par une justice au nom de l'Etat (ce qui n'était pas forcément mieux, avec les milliers de victimes de la Terreur, mais ceci est une autre histoire).

On me dira alors que l'Eglise peut au moins prendre des sanctions, comme l'Ordre des Médecins. A nouveau, c'est oublier que l'Eglise n'est compétente que pour des infractions à sa doctrine religieuse, pas pour des faits d'ordre privé : elle peut sanctionner un prêtre qui dirait la messe à l'envers ou qui marierait des personnes non autorisées par l'Eglise, mais pas un prêtre qui causerait un accident sous l'effet de la boisson. C'est pareil pour les médecins : en cas d'erreur médicale, ce n'est pas l'Ordre qui enquête, condamne à la prison et décide des indemnités, ce sont les tribunaux civils. Et n'en déplaise, c'est pareil pour les actes privés des membres de l'Eglise.

Pourquoi donc ce manque total de logique et d'objectivité concernant l'Eglise ? Parce que l'Eglise, c'est comme les Américains : tous deux représentent une force qui déplaît et qu'il faut attaquer tous azimuts, ce sont les ennemis à abattre, avec la mauvaise foi la plus totale…

Paul Verhoeven
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